La sensation va être très différente de la respiration sur terre au même titre que lorsqu’on fait de la natation, de l’alpinisme ou encore de la course à pied. Entre l’altitude, le froid, la vitesse de plus de 200 km/h, le vent sur ses voies respiratoires, le visage et l’émotion du moment, certains imaginent qu’il sera difficile de respirer. La réalité, c’est qu’il va falloir adapter sa respiration et pour cela il est important de connaître quelques principes simples de respiration.
On va vous l’expliquer !!!
Peut-on respirer à 4000 mètres d’altitude ?
Oui, absolument ! À 4000 mètres d’altitude, l’air contient toujours environ 21% d’oxygène, exactement comme au niveau de la mer. La seule différence est que la pression atmosphérique est plus faible, ce qui rend l’oxygène légèrement moins dense.
Cependant un saut en parachute dure seulement quelques minutes et la chute libre dure environ 45 à 50 secondes. Il n’y a donc aucun problème pour respirer.
Pourquoi certaines personnes ont l’impression de ne pas pouvoir respirer ?
La sensation ne vient pas d’un manque d’air. En réalité, c’est l’inverse.
Le phénomène qui surprend le plus est l’arrivée massive d’air à très grande vitesse sur les voies respiratoires et le visage. Pendant la chute libre, vous descendez à environ 200 km/h parfois plus. À cette vitesse, l’air arrive très rapidement dans les voies respiratoires et notre nez et notre bouche ne sont pas habitués à respirer dans un vent aussi puissant. Cela peut provoquer une respiration bloquée ou l’impression de manquer d’air, d’être en apnée.
Mais la réalité est simple, vous ne manquerez pas d’air, vous avez simplement trop d’air qui arrive trop vite.
Les sensations que vous allez vivre pendant un saut en parachute
Lors d’un baptême de chute libre, plusieurs facteurs influencent votre respiration et vos sensations.
L’altitude : 4000 mètres
À cette altitude :
- la pression est plus faible
- la température est plus froide
- de l’air plus froid
Mais l’air reste totalement respirable pendant toute la durée du saut.
La vitesse de la chute libre
Pendant environ 45 secondes, vous tombez à plus de 200 km/h. Cette vitesse provoque :
- un vent puissant sur le visage
- une sensation inhabituelle dans la respiration
C’est souvent ce vent qui surprend.
Le vent sur le visage
Contrairement à une moto ou à une voiture, vous n’avez aucune protection contre le vent et votre visage est simplement protégé par des lunettes de chute libre.
Le vent peut :
- déformer légèrement le visage
- assécher la bouche
L’ouverture du parachute
Vers 1500 mètres d’altitude, le moniteur ouvre le parachute. Cette ouverture provoque :
- une forte décélération
- une variation de pression atmosphérique
Comme dans un avion, certaines personnes peuvent ressentir une pression dans les oreilles qui disparaîtra rapidement en baillant ou en se pinçant le nez et en soufflant dans son nez pour déboucher ses oreilles.
La descente sous parachute
Après l’ouverture, la descente devient très calme et silencieuse. Vous profitez alors d’un vol sous voile d’environ 5 à 6 minutes. Pendant cette phase :
- la respiration redeviendra totalement naturelle
- vous pourrez vous entendre et parler avec votre moniteur
- vous profiterez du paysage
Comment bien respirer pendant la chute libre ?
La respiration en parachute est simple, mais quelques conseils permettent de vivre l’expérience de façon beaucoup plus agréable.
Avant de sauter de l’avion
Dans l’avion, juste avant le saut :
- prenez 2 ou 3 grandes inspirations profondes
- respirez lentement
- utilisez la respiration abdominale, comme en yoga
Cela permet de :
- diminuer le stress
- détendre le corps
- préparer la respiration pour la chute libre
Il est également conseillé de respirer plutôt par la bouche. Pourquoi ? Personne n’est habitué à respirer par le nez à plus de 200 km/h, si vous êtes légèrement enrhumé, la respiration par le nez sera moins efficace, voire impossible.
Au moment de sortir de l’avion
Voici l’astuce la plus efficace que donnent souvent les moniteurs :
Criez !
Oui, cela peut paraître surprenant, mais c’est une technique très efficace.
Pourquoi crier aide à respirer en chute libre
Crier, hurler ou parler très fort…
- Ça vous libère,
- Ça vous décongestionne,
- Ça vous enlève le stress
- Ça va surtout vous permettre d’expirer rapidement et fortement pour vous préparer à l’inspiration suivante.
Si vous pouvez crier, cela signifie que vous respirez correctement. Le plus difficile en chute libre n’est pas d’inspirer. Le plus difficile est d’expirer avec plus de 220 km/h de vent en pleine face. Le fait de parler ou de crier facilite cette expiration forcée pour lutter contre le vent.
Par ailleurs, crier ou parler fort actionne votre mâchoire et l’ATM (Articulation Temporo-Mandibulaire) située devant l’oreille. Ceci évite les douleurs ou les sensations désgréables d’oreilles bouchées.
Autre avantage : tendre les muscles du visage
Crier ou parler pendant la chute libre a un autre avantage inattendu. Cela permet de tendre les muscles du visage et éviter que le vent vous déforme complètement les joues. Accessoirement, cela donne souvent de superbes images sur la vidéo du saut.
Pourquoi un briefing est essentiel avant un saut en parachute ?
Avant chaque saut en tandem, le briefing doit être réalisé par votre moniteur cela permet grandement de faire connaissance et de prendre la mesure de ce qui se prépare…
Ce briefing permet d’expliquer :
- La position du corps à la porte de l’avion et en chute libre
- Comment se mettre à l’aise dans le harnais après l’ouverture du parachute
- La façon de respirer en chute et comment se déboucher les oreilles
- Comment aborder l’atterrissage assis et debout
- Parler de ce qu’il ne faut pas faire en chute libre
Le but est simple : vous permettre de vivre pleinement votre saut, au lieu de le subir. Quand on comprend ce qui va se passer, le cerveau interprète beaucoup mieux les sensations.
Résultat : l’expérience devient beaucoup plus agréable et mémorable.
Le vrai secret pour profiter de la chute libre
Le problème en chute libre n’est pas le manque d’oxygène. Le vrai défi est l’arrivée massive d’air à très grande vitesse sur votre visage, à laquelle votre corps n’est pas habitué.
La règle d’or est donc très simple :
- Expirez en criant votre joie ou votre peur !
- Profitez du moment.
- Respirez.
- Souriez.
- Et vivez pleinement l’une des expériences les plus incroyables qui existent sur terre…


